Si, en mars 2016, le nombre de chômeurs de catégorie A a diminué de 60 000 personnes, un peu plus de 3,5 millions de nos concitoyens restent toutefois inscrits à Pôle Emploi comme n’exerçant aucune activité. Toutefois, la hausse des déclarations d’embauche dans les entreprises cumulée à la baisse des défaillances d’entreprises au premier trimestre fait souffler un vent d’espoir. Peut-on croire en une reprise durable ?

La plus forte baisse du chômage… depuis 2000 !

Oui, vous avez bien lu. Cela faisait 16 ans que le nombre de demandeurs d’emploi n’avait pas diminué dans de telles proportions. Une bonne nouvelle pour l’ensemble des Français puisque ce recul touche aussi bien les jeunes (- 1,7 %) que les plus de 50 ans (- 1 %). Sur le premier trimestre 2016, ce sont au total 50 000 personnes qui ne font plus partie de la fameuse catégorie A.

Il paraît cependant bien trop tôt pour crier victoire. Car la baisse du nombre de chômeurs de catégorie A s’est accompagnée d’une hausse du nombre de chômeurs dans les catégories B (personnes ayant travaillé moins de 78 heures, + 2 %) et C (personnes ayant travaillé plus de 78 heures, + 3,2 %).

Ces chiffres ne traduiraient donc peut-être pas tant une véritable reprise du marché de l’emploi qu’une embellie du marché de l’intérim. Un scénario qui se confirmerait si le transfert de la catégorie A vers les catégories B et C s’observait dans le sens inverse dans les mois à venir. Il convient donc de rester prudent quant à cette annonce, même si la dégradation du marché de l’emploi des années 2008-2014 semble toutefois ralentie, voire enrayée depuis le second semestre 2015.

Il est également trop tôt pour juger de l’efficacité du vaste plan de formation lancé au début de l’année. En revanche, comme le confiait l’économiste Bruno Doucoudré à L’Obs (1), la légère reprise des embauches dans les PME peut, elle, être en partie associée à la mise en place d’une prime à l’embauche de 4 000 € pour un CDD de plus de six mois ou d’un CDI dans les TPE et PME.

Des entreprises plus solides ?

Si le scepticisme a fini par s’emparer des Français face à une reprise maintes fois annoncée et qui peine à se matérialiser, un autre chiffre pourrait bien leur donner du baume au cœur. Le nombre d’entreprises défaillantes s’est établi à 16 309 au premier trimestre 2016, soit 10,1 % de moins qu’au premier trimestre 2015.

Qu’est-ce que cela signifie ? Que les TPE emboîtent le pas des PME, dont le nombre de défaillances est aujourd’hui au plus bas depuis 10 ans. En effet, si les PME montraient des signes encourageant de solidité depuis deux ans déjà, les TPE (qui représentent les deux tiers des entreprises, mais plus de 90 % des défaillances) semblent enfin profiter de cette dynamique.

Mais là aussi, il est trop tôt pour crier victoire puisque ce chiffre de 16 309 est équivalent à celui recensé en 2013, une année où la croissance en France n’avait atteint qu’un fort modeste 0,3 %. En effet, jamais le nombre de défaillances (18 136) n’avait été aussi élevé qu’au premier trimestre 2015..

Pour pouvoir parler de reprise durable, il faudrait que les circuits d’investissement et de crédit se fluidifient à nouveau afin que les TPE de "l’économie réelle" puisse à nouveau investir et devenir les PME de demain… voire plus si affinités !

Source : YouLoveWords.com